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Jean Charles Nayebi Docteur en psychologie
Un test trouvé sur un site Internet ou dans un magazine, est-il suffisant pour permettre de diagnostiquer son enfant ? Le diagnostic de l’hyperactivité n’est pas chose évidente car il n’y a pas de marqueur biologique de l’hyperactivité détectable dans l’organisme. Ce diagnostic est donc un diagnostic clinique, c’est-à-dire que le médecin ou le psychologue clinicien doit recouper les informations émanant de l’école et des parents, se référer à un bilan psychométrique et s’entretenir avec l’enfant avant de prononcer ce diagnostic. Dans ce contexte, les questionnaires ou des tests on-line ne peuvent pas remplir ce rôle de synthèse finale de tout un ensemble de données. Ces tests peuvent, tout au plus, alerter les parents s’il y a un fort soupçon de l’hyperactivité, motivant ainsi une consultation chez le spécialiste.
S’agit-il d’une maladie évolutive qui peut montrer ses premiers signes de développement à l’adolescence ou l’âge adulte ? Les symptômes extérieurs de l’hyperactivité évoluent à travers le temps. Enfant, l’hyperactif est repéré du fait de ses mauvais résultats scolaires et de son comportement perturbateur. Adolescent, il peut manifester une baisse d’agitation motrice au profit d’une agitation subjective. Adulte, il va être « nerveux » avec persévérance des problèmes d’oubli et de perte d’objet. Le fond de la problématique hyperactive demeure cependant inchangé, à travers le temps ; Lorsque nous posons un diagnostic de TDAH sur un adulte, nous constatons que l’historique de ces patients laisse transparaître une problématique hyperactive typique y compris dans l’enfance. 50% d’entre eux ont même consulté pendant l’enfance. Ceci démontre que l’hyperactivité ne se déclanche pas du jour au lendemain et qu’il n y a pas de contagion. Est-ce exagérer de dire que les enseignants, voire même les parents, sont fatigués par ces enfants hyperactifs ? Ce qu’il faut comprendre c’est que l’enfant hyperactif, du fait de sa dispersion et de son comportement perturbateur réclame, de la part des enseignants et de la part des parents, une attention de tous les instants. Or les enseignants n’ont pas toujours la possibilité d’accorder cette attention particulière à l’élève hyperactif car il faut en même temps s’occuper d’autres élèves. Il y a aussi le fait que l’enfant hyperactif met à mal, avec son comportement perturbateur, l’autorité de l’enseignant l’obligeant à déployer beaucoup d’énergie à maintenir la discipline. Les parents subissent la même pression et doivent faire face, au quotidien, à l’état hyperactif de leur enfant. Les conflits conjugaux, les plaintes d’autres enfants de la fratrie et les réprimandes scolaires de l’enfant mettent à rude épreuve la patience de ces parents.
Le
manque d’autorité de l’un des deux parents est-il un
terrain favorable au développement de l’hyperactivité
? L’hyperactivité
est une pathologie qui existe en dehors des considérations éducatives.
Il est cependant utile de signaler que l’enfant hyperactif, sans
doute plus que d’autres enfants, a tendance à s’engouffrer
dans la brèche d’autorité, laissée par l’un
des parents afin de laisser libre cours à son comportement perturbateur.
Une autorité exercée avec bienveillance assortie d’une
communication assidue permet à l’enfant hyperactif d’éviter
le piège d’une désagrégation comportementale.
La persévérance et cette nette impression de manque de volonté,
entre-t-elle en jeu dans l’hyperactivité ? Les enfants
hyperactifs sont souvent accusés, à tort, d’être
des paresseux. Les uns et les autres disent que ces enfants ont les moyens
de réussir mais qu’ils ne travaillent pas. C’est mal
comprendre les difficultés de l’hyperactif à se concentrer.
Cet amalgame usuel est à éviter car cela dégrade
la confiance de l’enfant en lui. Il vaut mieux s’informer
sur l’hyperactivité pour pouvoir aider efficacement l’hyperactif
à trouver des méthodes personnelles pour réussir
à limiter les dégâts de ce trouble.
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